Vittorio Fiorucci était un vrai Italien…

31 juillet, 2008

Vittorio Fiorucci (1932-2008) était l’ami de tous ceux qui ont eu la chance de le côtoyer et son décès nous fera manquer son sens de l’humour ou ses accolades chaleureuses, pour ceux qui étaient ses proches.
Malheureusement, l’artiste est mort sans le sou et cela est une véritable honte pour toute la société qui a profité de son œuvre remarquable et gigantesque!
Plus de 300 affiches, la fameuse mascotte du Festival Juste pour rire, des brochures promotionnelles comme le calendrier de la Banque Nationale pendant 5 ans, lequel a gagné un Prix d’excellence, des photographies de mode et de reportages, notamment 7 pages couverture pour le magazine américain Time. Bref ses accomplissements sont dignes de mention sauf qu’il est mort pauvre! Certains disent qu’il dépensait plus qu’il ne gagnait. Dans les faits, il vendait souvent son travail à rabais pour combler les besoins immédiats et calmer ses créanciers. Il était aussi d’une très grande générosité et il donnait parfois ses dessins sans demander de compensation. Vittorio aurait mérité l’aisance financière et son travail le valait bien mais la société a préféré profiter de lui sans lui redonner. Il faudra voir comment se vendront les œuvres de Vittorio maintenant qu’il est mort. Un dossier à suivre…
J’ai eu la chance de connaître Vittorio, il y a quelques années, alors qu’il cherchait une commandite pour un projet d’exposition. L’exposition n’avait pas été concluante mais je l’avais aidé à produire un petite bonhomme rose pour un projet de tirelire avec la Banque Nationale. Je me souviens qu’il était assis à mon bureau de Quebecor et qu’il téléphonait à divers contacts que je lui suggérais pour ficeler la fabrication du jouet. Nous étions immédiatement devenu ami et nous nous sommes revus régulièrement au cours des ans, à l’occasion de ses vernissages ou lorsqu’il marchait dans le Vieux-Montréal près du marché Bonsecours.
Vittorio était un collectionneur de jouets anciens et c’est un peu ce qui lui procurait son caractère jovial et parfois bon enfant. Il savait s’émerveiller devant les choses ou les événements et il était un grand passionné. Il adorait la compagnie des artistes et l’un de ses meilleurs amis était le sculpteur Armand Vaillancourt. Les deux hommes étaient comme des frères qui partageaient ce même besoin de liberté.
Vittorio avait aussi le trait particulier du caractère des Italiens de parfois faire des promesses mais d’oublier… Il avait promis de m’offrir la photo qu’il avait prise de Geneviève Bujold pour le magazine Time dans les années 1970. Chaque fois qu’il me voyait, il me répétait qu’il me l’a donnerait mais qu’il n’avait pas eu le temps de la retrouver parmi ses archives. Il allait fouiller et il me la remettrait lors de notre prochaine rencontre…
Vittorio Fiorucci était un grand artiste et nous allons le manquer.
Mais comme il le disait lui-même, la vie est un passage! « C’est finiiiii… »
-Bernard Bujold
Note: LeStudio1.com offre une mention d’excellence à Vittorio Fiorucci pour l’ensemble de son oeuvre dans la galerie du site Internet Les Meilleurs 2008.
Lien photos enterrement Vittorio Fiorucci
Lien site Internet Les Meilleurs 2008
Page Facebook Vittorio Fiorucci
Entrevue Le Devoir Vittorio Fiorucci
Montage Web Vittorio Fiorucci (François Tessier)
Photo du haut – Mascotte du Festival Juste pour rire –
Photo du bas – Geneviève Bujold et Vittorio Fiorucci

Batman ou le Joker, le bien ou mal…

28 juillet, 2008

Le fait que le film Batman soit le film le plus populaire auprès des cinéphiles reflète un malaise très profond dans la société actuelle. Pourquoi autant d’admiration envers l’ange du mal qu’est le Joker plutôt qu’envers le super héros Batman?
Étrangement, ce comportement est en complet contraste avec le fait que les gens s’accrochent aussi à des phénomènes positifs comme les livres Le Secret ou The Last Lecture. La société semble être dans une position très divisée entre le bien et le mal. Il y a cependant un rapprochement entre ces deux extrêmes et il faut voir dans l’admiration de la masse envers le Joker, ainsi qu’envers les livres de motivation, l’expression d’une profonde frustration face à toutes les injustices qui se produisent que ce soit les guerres, la violence dans les villes, la fermeture d’entreprises, les licenciements, le prix de l’essence ou la trahison de nos idoles et des leaders de la société. Comme nous sommes généralement incapables de changer ces situations de notre quotidien, nous exprimons notre espoir dans la magie et le rêve du cinéma.
Chacun de nous avons été victime d’événements qui nous frustrent et souvent nous traumatisent. Un jeune soldat né dans notre région meurt en poste dans un pays éloigné, un fou tire sur des étudiants tandis qu’un autre décapite un passager dans l’autobus (Manitoba), une jeune femme est assassinée par son voisin comme celle de Rivière-Ouelle, un jeune enfant est victime d’un pédophile qui habite le même quartier, un employé est remercié sans aucune raison par l’entreprise envers qui, il ou elle, s’était dévoué pendant 25 années, nos économies pour la retraite sont dilapidées par un fraudeur comme dans le cas Norbourg, un ami proche nous trahit. Chacun de nous avons son exemple qui provoque notre admiration envers ceux qui peuvent contrôler les injustices de la vie.
Dans mon cas, j’ai été très déçu par le comportement d’une amie, une directrice du marketing pour une grande salle de spectacle montréalaise, qui disaient vouloir m’aider dans ma recherche d’un nouvel emploi. Cela s’est passé il y a quelques années mais je m’en souviens encore. La personne me répétait à chaque semaine qu’elle surveillait autours d’elle pour m’aider et me suggérer les postes disponibles dans le milieu des arts et des communications, jusqu’au jour où j’ai appris qu’elle avait embauché une personne pour travailler dans son service sans m’en parler. Selon ce qu’elle avoua à une autre de mes amies, elle racontait aux employeurs qu’elle me considérait incompétent en relations publiques et elle ne voulait surtout pas que je travaille avec elle. Pourquoi prétendait-elle vouloir m’aider si dans les faits elle ne m’appréciait pas ?
C’est là tout le problème de la société! Il existe une hypocrisie qui est généralisée et qui a comme conséquence de créer de la méchanceté, un esprit de vengeance et d’éliminer la confiance envers le système. Personnellement, j’ai simplement coupé les liens avec l’amie en question et j’ai oublié son existence mais il demeure que son comportement ne m’a pas inspiré confiance envers le reste de la société. Surtout lorsque j’ai entendu dire qu’elle avait commencé à raconter des rumeurs d’incompétence envers sa directrice générale et qu’elle convoitait son poste…
Il faut absolument changer nos comportements individuels et être plus vrai et fidèle à notre discours. D’ailleurs, il semble que les gens apprécient le Joker parce qu’il est entièrement fidèle à lui-même. Il n’y a aucune ambiguïté dans son âme, il est un méchant mais il est pur dans ses sentiments. Au contraire, Batman est ambiguë et il se fait parfois le défenseur de la justice mais d’autres fois il veut simplement se venger sauvagement de ses ennemis. L’avocat du film est aussi très décevant car il se dit le défenseur de la justice mais il devient le tueur Double Face. Seul le Joker reste fidèle à son rôle et il n’est pas influencé par les éléments extérieurs que sont l’argent, le pouvoir ou les difficultés personnelles. La population apprécie ce genre de comportement constant, incorruptible d’une certaine façon, car elle a été tellement déçue par les doubles personnalités et les doubles discours des gens autours d’elle, politiciens, homme d’affaires ou amis qui disent une chose mais font le contraire.
Nous ne pourrons jamais éliminer les injustices de la vie mais il est temps d’éliminer l’hypocrisie de notre comportement sinon on se dirige vers le monde macabre du film de Batman et ce sera notre réalité quotidienne. Appel d’urgence à tous!
– Bernard Bujold
Lien site du film Batman – The Dark Knight
Danielle St-Denis – Place des Arts de Montréal –

L’organisation des fêtes du 400e de Québec!

21 juillet, 2008

Les organisateurs des fêtes du 400e de Québec ont réussi quelques coups d’éclat mais l’événement, qui a débuté officiellement en janvier dernier, a aussi connu sa part d’échecs et de discorde.
Les fêtes du 400e me font penser à une fête de mariage à laquelle avaient assisté, il y a une dizaine d’années, plus de 200 « people » provenant de tout le Québec Inc. La journée promettait mais ça s’est gâté dès le samedi matin avec une suite de problèmes. D’abord il pleuvait à boire debout, la tente pour les invités laissait passer la pluie (c’était une commandite offerte gratuitement…) et finalement mauvaise fortune totale, le plancher s’est écroulé et la table des boissons s’est fracassée sur un rocher qui était tout près en bordure de l’installation. Imaginez les invitésVIP sous la pluie et dans la boue en beaux vêtements et en souliers fins! Le désastre et la honte pour les deux mariés surtout qu’ils étaient chez l’un des hommes le plus riche du pays.
C’est un peu l’histoire du 400e de Québec durant les premiers mois de 2008. Le décès de l’ex-mairesse de Québec en août 2007, Andrée Boucher, fut la tempête qui bouleversa les préparatifs et créa une absence de leadership autour de l’événement. Elle est morte juste avant que les fêtes commencent et c’était son projet! Évidemment, elle ne pouvait pas décider de la date de sa mort mais je suis convaincu que si elle avait attendu un an avant de nous quitter, ses Fêtes du 400e auraient été une fierté mondiale du début à la fin!
Dans mon histoire de mariés, l’homme riche était un leader naturel et face au désastre il pris rapidement la décision de transporter le party dans sa maison, ce qui sauva le mariage et son honneur auprès des invités! Normalement les Fêtes du 400e auraient dû être l’événement du siècle et partout dans le monde, depuis janvier dernier, on aurait dû féliciter les Québécois pour leur sens de la fête mais c’est tout le contraire qui s’est produit jusqu’à dimanche dernier (20 juillet) alors que les Fêtes du 400e semblent avoir mis un terme à leur tempête d’échecs avec le succès entourant Paul McCartney.
En décembre 2007, j’étais avec des hauts fonctionnaires français de passage à Montréal et ils me demandèrent ce que je pensais des cérémonies de Québec qui débuteraient en janvier. Partout dans les médias québécois on faisait part des frictions dans l’organisation et je n’avais pas caché mes craintes:« La France fêtera plus le 400e que les Québécois. Nous ici, ce n’est pas une question de manque d’argent car les coffres sont remplis par les divers gouvernements mais nous avons des querelles entre les organisateurs. On va se chicaner plutôt que de travailler ensemble car tout le monde veut le rôle du leader.»
On m’avoua que l’on avait aussi ressenti ce manque de direction et on percevait comme une improvisation de la part des responsables québécois. On ne pouvait cependant pas comprendre pourquoi car le 400e était un événement tellement extraordinaire, unique et porteur pour faire une fête mémorable.
À mi-chemin dans l’année du 400e, nous pouvons dire sans se tromper qu’il y a eu quelques bons coups mais ils ont souvent été improvisés selon les opportunités du jour et non solidement planifiés comme cela aurait dû l’être pour un événement de pareille importance. Le débat contre la venue de Paul McCartney est le plus récent exemple. On ne peut aucunement critiquer la grande qualité de l’artiste bien que l’on peut débattre l’à propos de sa présence pour souligner les 400 ans de Québec. Personnellement, ce que je déplore c’est l’improvisation entourant l’organisation de ce spectacle. Il semble même que le directeur des fêtes croyait à un canular tellement le projet McCartney n’avait pas été préparé à l’avance. On aurait envoyé des courriels à des gens un peu partout et on espérait une réponse.
(Voir texte de l’entrevue dans The Montreal Gazette)
Les organisateurs ont été chanceux et tout s’est bien déroulé mais c’est comme d’avoir joué à la loterie.
Il y a des cas où la chance n’a pas été au rendez-vous et la mauvaise planification a été dévastatrice. C’est ce qui s’est produit avec le reportage publié dans le magazine français Paris Match. Ce magazine n’a que 40 000 lecteurs au Québec mais dans le monde c’est près de
5 millions de lecteurs francophones (830 000 exemplaires imprimés). Les organisateurs du 400e ont détesté le fait que le magazine parle plus de Montréal que de Québec dans ses textes et plutôt que de faire contre mauvaise fortune bon coeur et d’accueillir poliment le rédacteur en chef lors de sa visite, on l’a presque jeté dans le fleuve… Il faut lire l’éditorial qui en a résulté pour bien comprendre.
(Voir texte de Paris Match édition du 14 juillet sur le site Internet ).
Dorénavant, partout dans le monde, on va appeler les Québécois des « hérissons ».
Nous qui voulions profiter du 400e pour saluer toute la francophonie mondiale, nous nous retrouvons avec le surnom de «hérisson mal accueillant et piquant ». Bien mauvaise publicité pour toute organisation ou individu qui envisage de séduire le reste du monde!
Espérons au moins que madame Boucher est heureuse au paradis… car il a mouillé sur les premiers mois de son party!
Tout n’est cependant pas perdu et il reste encore cinq mois. Il est à souhaiter que le revirement depuis le concert McCartney se poursuivra et que le « mariage »de Québec sera sauvé…
Bonne chance et surtout il faut se rappeler que l’humilité protège parfois des erreurs de parcours et des accidents du destin! À tout le moins cela aide à se faire pardonner…
-Bernard Bujold
Note : Andrée Boucher (31 janvier 1937 – 24 août 2007) a été la mairesse de l’ancienne ville de Sainte-Foy de 1985 à 2001 et la mairesse de la ville de Québec du 19 novembre 2005 jusqu’à son décès en août 2007.
(Photo du haut – Promenade Château Frontenac / Photo du bas: Andrée Boucher 2007)
Lien vidéo You Tube concert Paul McCartney
Lien site officiel 400e de Québec

L’avenir de la téléphonie canadienne

15 juillet, 2008

La téléphonie canadienne est à un niveau très avancé mais malheureusement,malgré la présence de plusieurs fournisseurs, le seul élément de compétitiondemeure les tarifs et il y a très peu d’efforts concernant l’exclusivité des produits. En effet, personne ne peut vraiment constater une différence au niveau de laqualité du service que l’on soit un abonné de Bell, Telus, Videotron ou Rogers. Personnellement, j’ai été abonné à chacun de ces quatre fournisseurs et la seule raison qui m’a toujours motivé à changer de compagnie est l’offre d’un prix plus bas et jamais le service offert. J’ai changé cinq fois!
Cette situation me rappelle l’arrivée du téléphone dans ma Gaspésie natale durant les années 1960 (Québec Téléphone aujourd’hui la propriété de Telus Québec). Il n’était pas question de magasiner un fournisseur! Ma famille habitait le village de St-Siméon de Bonaventure et la dizaine de résidents de la petite route de campagne utilisaient la même et seule ligne téléphonique disponible pour toute la route. Il fallait contacter une standardiste en poste à New-Carlisle pour lui demander la communication. Nos numéros étaient des codes du genre: 3 coups sonner 2 fois… Nous n’étions pas loin du télégraphe!
L’handicap d’une ligne commune est que tous les usagers entendent ce que disent les autres abonnés de cette ligne. Il était même dans la coutume de décrocher délicatement l’appareil téléphonique pour écouter ce que racontaient nos voisins. Parfois aussi on entendait aussi quelqu’un qui criait soudainement:« Débarque de la ligne, ça fait une heure que tu parles et on veut téléphoner nous autres aussi… »
On pourrait comparer ces problèmes de la technologie de l’époque avec les problèmes de sécurité de l’internet moderne. Rien n’a changé dans le désir d’espionner son voisin!
Ce qui a changé est l’offre de service des fournisseurs téléphoniques. Auparavant, il n’y avait aucun choix de fournisseur et chaque territoire était desservi par une entreprise unique. La dérèglementation aurait dû complètement améliorer la situation mais ce fut uniquement le début d’une guerre des prix plutôt que la recherche de produits de qualité supérieure.
Les dirigeants de Bell Canada ont toujours été convaincus que ses clients les aimaient. Des représentants m’ont souvent sollicité avec l’argument: »Mais vous pourrez être tellement fier d’être un client de Bell… » Perception pour le moins «fleur bleue» et qui fut la cause des déboires de l’entreprise.
Le bouillant Micheal Sabia (Bell) croyait que sa compagnie était intouchable et que Pierre-Karl Péladeau (Videotron) n’irait nulle part avec ses offres de prix à rabais. Il se refusa donc à suivre cette voie jusqu’au jour où il s’est aperçu que le nombre de clients qui quittaient le navire était dramatique. Il a alors décidé de couper les prix à son tour, mais il était trop tard!
Sabia avait raison de se refuser à couper les prix car c’est une stratégie très dangeureuse.
La coupe des prix est rarement bénéfique à long terme pour les fournisseurs. Une lutte des prix est une course d’endurance avec comme résultat ultime l’élimination de tous les participants. On le constate déjà alors que les fournisseurs en téléphonie doivent revenir en arrière et annuler les contrats d’Internet illimité qu’ils offraient pour attirer la clientèle.
L’erreur grave de Sabia est de ne pas avoir améliorer son offre de service. Il a simplement cru que ses clients étaient prisonniers du géant Bell. C’est l’histoire de David (Videotron) contre Goliath (Bell).
La seule voie rentable est dans le style de gestion appliqué par le fournisseur d’ordinateurs Apple qui a préféré ne pas embarquer dans la guerre des prix comme cela s’est produit au niveau de PC mais plutôt se concentrer sur l’offre d’appareils différents et nouveaux. Son but étant de séduire le consommateur plutôt que de le considérer comme captif!
C’est l’exemple que devraient suivre tous les fournisseurs en téléphonie.
Le nouveau président de Bell, George Cope, est peut-être un géant de 6 pieds et 7 pouces (2 mètres) mais à moins d’offrir le meilleur produit, il ne pourra jamais regagner sa place de numéro un de la téléphonie, géant Goliath ou pas!
Quant à moi, j’attends la prochaine offre à rabais pour changer à nouveau de fournisseur…
Bernard Bujold
www.LeStudio1.com


Le cinéma réalité d’Ingrid Betancourt

8 juillet, 2008

La libération spectaculaire d’Ingrid Betancourt m’a immédiatement rappelé les scénarios d’une de mes émissions télé favorites: « The Unit ». L’infiltration d’espions dans les armées révolutionnaires et la libération de prisonniers politiques sont justement les thèmes de cette série américaine. Il n’y a pas de doute que l’opération militaire qui a libéré Ingrid Betancourt fut inspirée par les meilleures techniques d’espionnage moderne et que les Colombiens ont eu accès aux meilleurs équipements électroniques disponibles dans le monde. Sur un plan plus traditionnel, il semble même que les soldats du commando colombien avaient été entrainés aux techniques de théâtre pendant trois semaines pour que justement ils puissent mieux tromper les soldats de la jungle. Un des commandos aurait imité la voix du chef des Farcs tellement bien que les révolutionnaires ont cru que c’était lui qui leur parlait! La question des 20 millions$ s’inscrit aussi dans les techniques d’infiltration et on ne peut pas considérer cela comme un rançon ni un échec. C’est plutôt un moyen d’acheter de l’information pour mieux pénétrer dans le groupe et la fin justifiait les moyens. D’ailleurs, on avait utilisé exactement la même technique dans un épisode de « The Unit »…(C’est à croire que les Colombiens ont suivi la série à la télévision…)

La véritable question qui se pose plutôt est de déterminer quel rôle jouera Ingrid Betancourt dans l’avenir? Il n’y a pas de doute qu’elle est devenue une personnalité politique très puissante au niveau international, autant que peut l’être un Nelson Mandela ou le Dalaï Lama.
Selon moi, l’une des options sérieuses, tel que le suggère la rumeur qui a commencé à circuler, est une intégration d’Ingrid dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy. Il pourrait la nommer ministre ou représentante de la France à l’Onu. Les deux individus semblent s’apprécier et avoir les même opinions. Reste à savoir si elle serait satisfaite d’un tel rôle et si elle ne veut pas plutôt obtenir la présidence du pays de son père. Une seule chose est certaine, le capital de pouvoir politique de Betancourt n’aura jamais été aussi élevé mais il faut qu’elle agisse rapidement. Les médias et les observateurs ont les yeux rivés sur cette femme courageuse mais cela ne durera pas éternellement. Sa libération lui a procuré une aura spéciale et pour le moment elle est une source d’ inspiration et un symbole pour des millions de personnes dans le monde qui croient en la liberté et la démocratie. Elle peut demander beaucoup à ses concitoyens, et en particulier ceux de la France où on l’aime et l’admire.
Espérons qu’elle sera à la hauteur des attentes que nous plaçons sur elle.
Il faut l’appuyer et espérer pour le mieux. Bonne chance Ingrid!
Bernard Bujold
www.LeStudio1.com/IngridBetancourt
(Photo du haut – Ingrid Betancourt / Photo du bas- Acteurs de la série The Unit)

Le miracle de Colombie

3 juillet, 2008

Des miracles peuvent parfois se produire! La libération d’Ingrid Betancourt est un événement qui tient du miracle. Son sauvetage réalisé par l’Armée colombienne s’est réalisé sans aucun coup de feu à bord de trois hélicoptères. Trois Américains et onze autres otages ont aussi été libérés le 2 juillet dernier. LeStudio1.com offre une mention d’excellence à madame Betancourt (46 ans) pour son courage et sa détermination. Elle était détenue depuis le 23 février 2002.

Bernard Bujold
(Voir photos sur le site LeStudio1.com)
Photo Ingrid Betancourt après sa libération

La vanité est un défaut

3 juillet, 2008

Le juge John Gomery était devenu une vedette des médias suite à sa présidence de la Commission d’enquête au sujet du scandale des commandites canadiennes. Gomery avait critiqué ouvertement l’ex-Premier ministre Jean Chrétien dans ce rapport mais la Cour fédérale a ordonné que les accusations soient retirées du texte. Le juge Gomery n’est pas très heureux de ce jugement car sa crédibilité en prend un coup…
La rivalité entre l’ex-Premier ministre Jean Chrétien et le Juge John Gomery n’a jamais été un secret pour personne. Gomery s’est toujours moqué de Chrétien et il n’a pas hésité à l’accuser pour sa responsabilité dans le scandale des commandites avant même d’avoir entendu la preuve en audience. Ce geste était audacieux de la part d’un juge qui doit être impartial mais les abus étaient tellement graves que les médias et le public ont appuyé le magistrat dans ses propos. Jean Chrétien n’est cependant pas du genre à se laisser insulter, quitte à se défendre physiquement si cela devient nécessaire… Il l’a démontré à deux reprises à Ottawa!
Le scandale des commandites fut très grave et plusieurs responsables ont été condamnés à la prison tandis que d’autres ont simplement disparu de la circulation ou quitté le pays. La culpabilité de Chrétien n’a toutefois jamais pu être démontrée. En tant que Premier ministre, il avait la responsabilité ultime des actions de son gouvernement mais il existe une différence entre responsabilité criminelle et responsabilité de fait. Chrétien ne se serait pas enrichi avec l’argent des commandites et l’accuser de l’avoir fait est non seulement injuste, mais aussi illégale. La Cour Fédérale vient de donner raison à Jean Chrétien en forçant le retrait du rapport des passages accusant l’ex-Premier ministre. De telles accusations provenant du juge responsable de faire la lumière sur le dossier reflétaient définitivement un manque d’objectivité et d’intégrité. On pourrait même ajouté que le mépris de Gomery envers Chrétien aurait été une raison suffisante pour qu’il eût refusé de présider la Commission d’enquête. Le scandale des commandites fut provoqué par les largesses du gouvernement fédéral qui voulait démontrer l’importance du Canada suite au référendum sur la souveraineté du Québec en 1995. Des fonds spéciaux avaient été mis en place au niveau de la publicité et c’est là que certaines agences publicitaires ont vu une occasion de s’enrichir rapidement et de façon substantielle. Le Juge Gomery a réagi de la même façon avec les médias et lorsqu’il a vu une occasion de communiquer et de se faire remarquer par ses concitoyens de tout le pays, il n’a pas pu résister. Il a rapidement pris goût à ce rôle de vedette médiatique. En 2005, La Presse canadienne le nommait Personnalité de l’année et Times la Personnalité canadienne. On l’invitait dans des « talk show » comme Tout le monde en parle, on lui demandait son avis sur divers sujets et on le sollicitait en entrevue de toutes parts. On publia même un livre biographique: « Gomery l’enquête!
Personnellement, j’ai compris qu’il dépassait les limites acceptables lorsque je l’ai vu récemment à Télé Québec lors d’une émission sur la rénovation de maison. Il était devenu une sorte de poète à la Leonard Cohen…
Pour un Juge qui n’avait jamais connu la gloire et dont l’épouse était la vedette du couple, l’occasion était trop belle pour la laisser passer. Sauf qu’un juge a un devoir de réserve quitte à demeurer inconnu. L’épouse de Gomery, elle aussi juge, est d’ailleurs un exemple qu’il aurait dû observer et suivre. (Juge Pierrette Rayle)
John Gomery aurait dû refuser de devenir la personnalité médiatique qu’il est devenu et il aurait dû rester à l’arrière scène se contentant d’être le représentant ultime de la Justice.
Nous l’aurions d’autant plus admiré et respecté pour son dévouement et surtout pour sa grande force de caractère!
Bernard Bujold
Photo du haut -Jean Chrétien et John Gomery
Photo du bas – John Gomery devant les médias