L’avenir de la téléphonie canadienne

15 juillet, 2008

La téléphonie canadienne est à un niveau très avancé mais malheureusement,malgré la présence de plusieurs fournisseurs, le seul élément de compétitiondemeure les tarifs et il y a très peu d’efforts concernant l’exclusivité des produits. En effet, personne ne peut vraiment constater une différence au niveau de laqualité du service que l’on soit un abonné de Bell, Telus, Videotron ou Rogers. Personnellement, j’ai été abonné à chacun de ces quatre fournisseurs et la seule raison qui m’a toujours motivé à changer de compagnie est l’offre d’un prix plus bas et jamais le service offert. J’ai changé cinq fois!
Cette situation me rappelle l’arrivée du téléphone dans ma Gaspésie natale durant les années 1960 (Québec Téléphone aujourd’hui la propriété de Telus Québec). Il n’était pas question de magasiner un fournisseur! Ma famille habitait le village de St-Siméon de Bonaventure et la dizaine de résidents de la petite route de campagne utilisaient la même et seule ligne téléphonique disponible pour toute la route. Il fallait contacter une standardiste en poste à New-Carlisle pour lui demander la communication. Nos numéros étaient des codes du genre: 3 coups sonner 2 fois… Nous n’étions pas loin du télégraphe!
L’handicap d’une ligne commune est que tous les usagers entendent ce que disent les autres abonnés de cette ligne. Il était même dans la coutume de décrocher délicatement l’appareil téléphonique pour écouter ce que racontaient nos voisins. Parfois aussi on entendait aussi quelqu’un qui criait soudainement:« Débarque de la ligne, ça fait une heure que tu parles et on veut téléphonernous autres aussi… »
On pourrait comparer ces problèmes de la technologie de l’époque avec les problèmes de sécurité de l’internet moderne. Rien n’a changé dans le désir d’espionner son voisin!
Ce qui a changé est l’offre de service des fournisseurs téléphoniques. Auparavant, il n’y avait aucun choix de fournisseur et chaque territoire était desservi par une entreprise unique. La dérèglementation aurait dû complètement améliorer la situation mais ce fut uniquement le début d’une guerre des prix plutôt que la recherche de produits de qualité supérieure.
Les dirigeants de Bell Canada ont toujours été convaincus que ses clients les aimaient. Des représentants m’ont souvent sollicité avec l’argument:”Mais vous pourrez être tellement fier d’être un client de Bell…” Perception pour le moins «fleur bleue» et qui fut la cause des déboires de l’entreprise.
Le bouillant Micheal Sabia (Bell) croyait que sa compagnie était intouchable et que Pierre-Karl Péladeau (Videotron) n’irait nulle part avec ses offres de prix à rabais. Il se refusa donc à suivre cette voie jusqu’au jour où il s’est aperçu que le nombre de clients qui quittaient le navire était dramatique. Il a alors décidé de couper les prix à son tour, mais il était trop tard!
Sabia avait raison de se refuser à couper les prix car c’est une stratégie très dangeureuse.
La coupe des prix est rarement bénéfique à long terme pour les fournisseurs. Une lutte des prix est une course d’endurance avec comme résultat ultime l’élimination de tous les participants. On le constate déjà alors que les fournisseurs en téléphonie doivent revenir en arrière et annuler les contrats d’Internet illimité qu’ils offraient pour attirer la clientèle.
L’erreur grave de Sabia est de ne pas avoir améliorer son offre de service. Il a simplement cru que ses clients étaient prisonniers du géant Bell. C’est l’histoire de David (Videotron) contre Goliath (Bell).
La seule voie rentable est dans le style de gestion appliqué par le fournisseur d’ordinateurs Apple qui a préféré ne pas embarquer dans la guerre des prix comme cela s’est produit au niveau de PC mais plutôt se concentrer sur l’offre d’appareils différents et nouveaux. Son but étant de séduire le consommateur plutôt que de le considérer comme captif!
C’est l’exemple que devraient suivre tous les fournisseurs en téléphonie.
Le nouveau président de Bell, George Cope, est peut-être un géant de 6 pieds et 7 pouces (2 mètres) mais à moins d’offrir le meilleur produit, il ne pourra jamais regagner sa place de numéro un de la téléphonie, géant Goliath ou pas!
Quant à moi, j’attends la prochaine offre à rabais pour changer à nouveau de fournisseur…
Bernard Bujold
www.LeStudio1.com


Le cinéma réalité d’Ingrid Betancourt

8 juillet, 2008

La libération spectaculaire d’Ingrid Betancourt m’a immédiatement rappelé les scénarios d’une de mes émissions télé favorites: « The Unit ».  L’infiltration d’espions dans les armées révolutionnaires et la libération de prisonniers politiques sont justement les thèmes de cette série américaine. Il n’y a pas de doute que l’opération militaire qui a libéré Ingrid Betancourt fut inspirée par les meilleures techniques d’espionnage moderne et que les Colombiens ont eu accès aux meilleurs équipements électroniques disponibles dans le monde. Sur un plan plus traditionnel, il semble même que les soldats du commando colombien avaient été entrainés aux techniques de théâtre pendant trois semaines pour que justement ils puissent mieux tromper les soldats de la jungle. Un des commandos aurait imité la voix du chef des Farcs tellement bien que les révolutionnaires ont cru que c’était lui qui leur parlait! La question des 20 millions$ s’inscrit aussi dans les techniques d’infiltration et on ne peut pas considérer cela comme un rançon ni un échec. C’est plutôt un moyen d’acheter de l’information pour mieux pénétrer dans le groupe et la fin justifiait les moyens. D’ailleurs, on avait utilisé exactement la même technique dans un épisode de « The Unit »…(C’est à croire que les Colombiens ont suivi la série à la télévision…)

La véritable question qui se pose plutôt est de déterminer quel rôle jouera Ingrid Betancourt dans l’avenir? Il n’y a pas de doute qu’elle est devenue une personnalité politique très puissante au niveau international, autant que peut l’être un Nelson Mandela ou le Dalaï Lama.
Selon moi, l’une des options sérieuses, tel que le suggère la rumeur qui a commencé à circuler, est une intégration d’Ingrid dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy. Il pourrait la nommer ministre ou représentante de la France à l’Onu. Les deux individus semblent s’apprécier et avoir les même opinions. Reste à savoir si elle serait satisfaite d’un tel rôle et si elle ne veut pas plutôt obtenir la présidence du pays de son père. Une seule chose est certaine, le capital de pouvoir politique de Betancourt n’aura jamais été aussi élevé mais il faut qu’elle agisse rapidement. Les médias et les observateurs ont les yeux rivés sur cette femme courageuse mais cela ne durera pas éternellement. Sa libération lui a procuré une aura spéciale et pour le moment elle est une source d’ inspiration et un symbole pour des millions de personnes dans le monde qui croient en la liberté et la démocratie. Elle peut demander beaucoup à ses concitoyens, et en particulier ceux de la France où on l’aime et l’admire.
Espérons qu’elle sera à la hauteur des attentes que nous plaçons sur elle.
Il faut l’appuyer et espérer pour le mieux. Bonne chance Ingrid!
Bernard Bujold
www.LeStudio1.com/IngridBetancourt
(Photo du haut - Ingrid Betancourt / Photo du bas- Acteurs de la série The Unit)

Le miracle de Colombie

3 juillet, 2008

Des miracles peuvent parfois se produire! La libération d’Ingrid Betancourt est un événement qui tient du miracle. Son sauvetage réalisé par l’Armée colombienne s’est réalisé sans aucun coup de feu à bord de trois hélicoptères. Trois Américains et onze autres otages ont aussi été libérés le 2 juillet dernier. LeStudio1.com offre une mention d’excellence à madame Betancourt (46 ans) pour son courage et sa détermination. Elle était détenue depuis le 23 février 2002.

Bernard Bujold
Photo Ingrid Betancourt après sa libération

La vanité est un défaut

3 juillet, 2008

Le juge John Gomery était devenu une vedette des médias suite à sa présidence de la Commission d’enquête au sujet du scandale des commandites canadiennes. Gomery avait critiqué ouvertement l’ex-Premier ministre Jean Chrétien dans ce rapport mais la Cour fédérale a ordonné que les accusations soient retirées du texte. Le juge Gomery n’est pas très heureux de ce jugement car sa crédibilité en prend un coup…
La rivalité entre l’ex-Premier ministre Jean Chrétien et le Juge John Gomery n’a jamais été un secret pour personne. Gomery s’est toujours moqué de Chrétien et il n’a pas hésité à l’accuser pour sa responsabilité dans le scandale des commandites avant même d’avoir entendu la preuve en audience. Ce geste était audacieux de la part d’un juge qui doit être impartial mais les abus étaient tellement graves que les médias et le public ont appuyé le magistrat dans ses propos. Jean Chrétien n’est cependant pas du genre à se laisser insulter, quitte à se défendre physiquement si cela devient nécessaire… Il l’a démontré à deux reprises à Ottawa!
Le scandale des commandites fut très grave et plusieurs responsables ont été condamnés à la prison tandis que d’autres ont simplement disparu de la circulation ou quitté le pays. La culpabilité de Chrétien n’a toutefois jamais pu être démontrée. En tant que Premier ministre, il avait la responsabilité ultime des actions de son gouvernement mais il existe une différence entre responsabilité criminelle et responsabilité de fait. Chrétien ne se serait pas enrichi avec l’argent des commandites et l’accuser de l’avoir fait est non seulement injuste, mais aussi illégale. La Cour Fédérale vient de donner raison à Jean Chrétien en forçant le retrait du rapport des passages accusant l’ex-Premier ministre. De telles accusations provenant du juge responsable de faire la lumière sur le dossier reflétaient définitivement un manque d’objectivité et d’intégrité. On pourrait même ajouté que le mépris de Gomery envers Chrétien aurait été une raison suffisante pour qu’il eût refusé de présider la Commission d’enquête. Le scandale des commandites fut provoqué par les largesses du gouvernement fédéral qui voulait démontrer l’importance du Canada suite au référendum sur la souveraineté du Québec en 1995. Des fonds spéciaux avaient été mis en place au niveau de la publicité et c’est là que certaines agences publicitaires ont vu une occasion de s’enrichir rapidement et de façon substantielle. Le Juge Gomery a réagi de la même façon avec les médias et lorsqu’il a vu une occasion de communiquer et de se faire remarquer par ses concitoyens de tout le pays, il n’a pas pu résister. Il a rapidement pris goût à ce rôle de vedette médiatique. En 2005, La Presse canadienne le nommait Personnalité de l’année et Times la Personnalité canadienne. On l’invitait dans des « talk show » comme Tout le monde en parle, on lui demandait son avis sur divers sujets et on le sollicitait en entrevue de toutes parts. On publia même un livre biographique: “Gomery l’enquête!
Personnellement, j’ai compris qu’il dépassait les limites acceptables lorsque je l’ai vu récemment à Télé Québec lors d’une émission sur la rénovation de maison. Il était devenu une sorte de poète à la Leonard Cohen…
Pour un Juge qui n’avait jamais connu la gloire et dont l’épouse était la vedette du couple, l’occasion était trop belle pour la laisser passer. Sauf qu’un juge a un devoir de réserve quitte à demeurer inconnu. L’épouse de Gomery, elle aussi juge, est d’ailleurs un exemple qu’il aurait dû observer et suivre. (Juge Pierrette Rayle)
John Gomery aurait dû refuser de devenir la personnalité médiatique qu’il est devenu et il aurait dû rester à l’arrière scène se contentant d’être le représentant ultime de la Justice.
Nous l’aurions d’autant plus admiré et respecté pour son dévouement et surtout pour sa grande force de caractère!
Bernard Bujold
Photo du haut -Jean Chrétien et John Gomery
Photo du bas - John Gomery devant les médias

Journaliste par excellence

3 juillet, 2008

LeStudio1.com est beaucoup inspiré du magazine Paris Match et en particulier de la période dirigée par Alain Genestar. L’éditorial hebdomadaire dans LeStudio1.com est une idée reprise directement de Match. Genestar a été forcé de quitter le magazine français suite à la publication de photos de l’ex-épouse de Nicholas Sarkozy. L’ex-éditeur vient de publier sa version des faits dans le livre: “Expulsion”. Un ouvrage qui deviendra un best-seller pour tous ceux intéressés à l’information. Malheureusement, l’ouvrage ne sera pas disponible au Canada avant l’automne…

LeStudio1.com offre une mention d’excellence à Alain Genestar pour sa grande contribution au monde du journalisme. Il dirige actuellement le magazine Polka.

L’importance de la jeunesse…

25 juin, 2008

Lorsque j’ai récemment fêté mon anniversaire de naissance le 28 juin, entre la Fête nationale du Québec et celle du Canada, des amis m’ont demandé comment je percevais la vie au delà de mes 50 ans! Ma réponse de sage: “J’envie les jeunes de 20 ans car c’est la plus importante période de la vie. Le malheur, c’est qu’à cet âge, on envie les adultes de 50 ans…

Le chanteur et poète Leonard Cohen a déclaré durant l’un de ses trois récents spectacles à Montréal -23 juin 2008 - qu’il se sentait comme un gamin lorsqu’il avait chanté sur scène en 1993 alors âgé de 60 ans, comparé à aujourd’hui alors qu’il en a 73!

J’imagine que je suis encore un bébé si je me compare à lui puisque je ne suis que dans la cinquantaine… (mon anniversaire du 28 juin dernier). Leonard Cohen n’est pas un vieillard malgré son âge biologique. Il agit comme un jeune homme qui est en plein contrôle de son talent et qui continue à croire en son destin :« I am still working to get your smile » (traduction- Je continue de travailler pour vous voir sourire).

Le destin de Leonard a commencé lorsqu’il était dans la vingtaine alors qu’il a décidé de devenir un artiste, durant ses années universitaires à McGill en 1951-55, et toute sa vie a été orientée en fonction de ce métier et de sa recherche de l’âme humaine. Leonard n’a pas décidé de devenir poète et chanteur du jour au lendemain. Sa réussite est le résultat de toute une vie de succès et d’échecs en tant qu’artiste. Il est d’ailleurs devenu chanteur parce qu’il avait n’arrivait pas à vivre financièrement de sa poésie et même s’il n’avait pas une voix particulièrement mélodieuse, il a essayé et il a découvert sa place. Sa voix est tellement unique qu’elle est devenue la plus belle parmi toute. La richesse de sa voix est le résultat d’un travail influencé par ce qui était sa passion. Leonard est un passionné de poésie, de chanson et de musique.

Les choix que nous faisons durant notre jeunesse influencent toute notre vie et c’est pour cela qu’il est important de choisir selon nos passions profondes. Bien sûr, il y a une grande part de chance ou de malchance dans le destin d’une personne mais nous devons essayer d’en influencer la direction principale. La pire décision d’une jeune personne est de ne rien décider et d’accepter de vivre malheureux avec son quotidien.
Personnellement, j’ai décidé à 18 ans que je voulais être journaliste. Ma passion a toujours été la communication et j’ai toujours été heureux lorsque j’étais relié au journalisme. J’ai touché à d’autres métiers mais je reviens toujours à ma passion de départ. Je suis comme un peu comme Cohen: « I am working to bring you the news! »
Je dis souvent à mes deux enfants que la période qu’ils vivent présentement, dans leur vingtaine, est la plus importante de toute leur vie. Il faut qu’ils soient à l’écoute de leur passion et qu’ils acceptent de l’entendre. Je ne veux pas avoir l’air « prêchi prêcha » mais si j’avais un conseil à donner aux jeunes gens, c’est de foncer et de découvrir ce qu’il aime vraiment. Si l’on choisit d’orienter sa vie vers une action qui nous passionne, nous vivrons heureux, peu importe que ce soit pendant 50 ans, 5 ans ou 5 jours. La vieillesse c’est dans la tête et on est vieux à 20 ans si on a cessé de rêver! Un homme ou une femme de 70 ans qui continuent de croire au rêve est encore très jeune.
Merci de vos bons voeux d’anniversaire à mon égard!
-Bernard Bujold
P.S. On m’a souvent demandé qui m’avait inspiré l’idée des mascottes? Ce sont mes deux enfants: David (Monsieur X) et Stéphanie (Miss Gym).
Photo du haut: Bernard Bujold et les deux mascottes, Monsieur X et Miss Gym.
Photo du bas: Léonard Cohen
Lien avec photos de Leonard Cohen: www.LeStudio1.com/LeonardCohen2008

La vente du Ritz de Montréal

17 juin, 2008

Le Ritz de Montréal a été inauguré le 31 décembre 1912.
Il est devenu au cours des années ce que les Montréalais appellent :«La grande Dame de la rue Sherbrooke». Aujourd’hui, l’établissement a perdu de son lustre, et de là le besoin de rénovation, mais il demeure que Le Ritz conserve toujours une sorte de notoriété qui le fait ressortir du rang. Même si la qualité du service n’est plus depuis longtemps ce qu’elle a été durant les belles années, on identifie encore Le Ritz au luxe. Cet hôtel est en soi une légende.
J’ai découvert l’établissement en 1984 avec Brian Mulroney, auprès de qui j’étais adjoint aux communications. Mulroney avait établi son quartier général dans la suite royale du Ritz et à chaque fois que le Premier ministre venait dans la métropole, il y logeait avec toute son équipe d’assistants. Le directeur de l’époque, Fernand Roberge, était un ami de Brian mais il était aussi très orienté vers les relations publiques et le marketing. D’ailleurs, c’est après son départ que l’institution a commencé à perdre son titre de plus bel hôtel de Montréal. Roberge a récemment été rappellé en service et il est président du comité conseil qui supervisera les actuels rénovations.
La légende urbaine veut que l’agonie finale du Ritz ait été amorcée suite au refus d’accueillir Les Rolling Stones.
Selon ce que m’a raconté le directeur d’un hôtel voisin, les organisateurs des Rolling Stones auraient contacté le Ritz pour louer un étage complet à l’occasion d’un concert du groupe à Montréal. (8 janvier 2003 - The Licks Tour - J’ai photographié le groupe lors de ce concert …)
La direction de l’hôtel a refusé en prétextant un autre événement durant la même période et on a suggéré à « l’Advance Woman » d’aller au Sofitel juste en face. Cet hôtel était cependant beaucoup trop petit pour fermer un étage et on a plutôt offert de téléphoner à un autre hôtel à qui l’on envoyait les surplus de clients. L’endroit envisagé était un tout petit hôtel de 63 chambres lequel venait d’ouvrir dans une ancienne banque située dans le Vieux-Montréal, Le St-James.
On ajouta que cet hôtel manquait de clients et qu’il accepterait peut-être de réserver un étage complet, surtout que le mois de janvier est relativement tranquille dans l’hôtellerie…
Le propriétaire Lucien Rémillard a très vite compris la manne qui passait devant lui et il a non pas offert un étage mais il a proposé tout l’hôtel. Une photo dans The Gazette lors du séjour des Rolling Stones est venue propulser le “petit hôtel” au sommet d’une gloire internationale et aujourd’hui, toute vedette qui se respecte ne demande plus d’aller au Ritz lors d’unevisite à Montréal mais au St-James…
L’échec de l’un (du Ritz) a fait le succès d’un autre…
(On pourrait croire que Rémillard veut répéter le coup avec la télévision TQS…)
Personnellement j’ai continué de visiter le Ritz après l’époque de Mulroney. J’y ai photographié Sophia Loren et j’ai assisté à plusieurs soupers de levée de fonds dans le Salon Oval.
Mon ancien patron, le magnat de la presse québécoise Pierre Péladeau, adorait aller luncher au Ritz le midi. Il aimait beaucoup le privilège que lui accordait le portier de laisser son chauffeur stationner devant l’hôtel durant tout le temps de son déjeuner…
Est-ce que le nouveau Ritz saura redonner ses lettres de noblesse à la Grande Dame?
C’est à souhaiter et comme c’est souvent le cas avec les dames, celles-ci aiment nous faire patienter pendant qu’elles se préparent. Dans le cas du Ritz, il faudra attendre 15 mois!
Photo du haut - Hôtel Le Ritz Montréal
Photo du bas - The Rolling Stones à Montréal par Bernard Bujold
Lien Hôtel Le Ritz Montréal
Lien Hôtel Le St-James Montréal
Lien avec photo du Jardin du Ritz

Les amours de la princesse Julie Couillard

11 juin, 2008

L’un des plus beaux contes de fées de la littérature est Cendrillon et le prince charmant. De pauvre servante, la jeune fille devient la princesse d’un beau chevalier sur son cheval blanc…
Le rêve de Cendrillon représente un peu notre rêve universel à tous, femmes et hommes, d’améliorer notre destin pour vivre dans le bonheur et l’abondance. Il existe plusieurs versions du conte de Charles Perreault écrit en 1697 et une version moderne pourrait être le film Pretty Woman (1990) avec la jolie et intelligente prostituée (Julia Roberts) qui devient l’amoureuse du beau et riche avocat (Richard Gere).
Personnellement, j’ai connu mon lot de femmes qui voulaient améliorer leur sort en devenant l’amie d’un homme riche. Édivemment, ces femmes ne s’intéressaient pas vraiment à moi car je suis plus un roturier qu’un roi… Mais lorsque j’étais l’adjoint du magnat de la presse, Pierre Péladeau, le fondateur de Quebecor, j’agissais comme une sorte de gardien des portes du palais. Il m’arrivait donc souvent de rencontrer les gens en éclaireur, à la demande de Pierre, avant qu’il n’accepte de les voir. Parfois, il demandait la même « enquête » à d’autres de ses dirigeants et il avait ainsi un portrait assez complet des personnes avec qui il avait des contacts.
Je ne crois pas qu’il aurait pu être trompé sur la véritable personnalité de quelqu’un car il vérifiait toujours ses informations à partir de trois sources pour s’assurer d’obtenir la vérité. Un vieux truc de l’éditeur de journaux qu’il était.
Le résultat des enquêtes était généralement partagé moitié-moitié. Plusieurs personnes ne passaient pas la rampe et elles étaient rapidement éloignées de l’entourage de Péladeau mais l’autre moitié gagnait un accès, plus ou moins prolongé selon la situation, et elles pouvaient ainsi profiter de la richesse de l’empire. Pour ceux et celles rejetés, je devais m’occuper de l’élimination en douceur tandis qu’il se chargeait de gérer les heureux et heureuses. Il s’agissait autant de femmes que d’hommes, la plupart du temps pour des demandes d’emplois, de dons en argent ou des propositions d’affaires, mais d’autres fois c’étaient des offres à caractère amoureux, émotifs ou d’autres genres…
Je me souviens de deux ou trois histoires en particulier où les propositions de sexualité, et même de fraude, étaient évidentes et très directes mais nous les avions rapidement et catégoriquement refusées car c’étaient des offres “dangeureuses”!
Ne vous emballez pas car je ne vous dévoilerai pas les noms…
Mais je vous dirai que Pierre Péladeau n’avait rien contre le principe de Cendrillon. Selon-lui, cela est une question de choix et de prix à payer. Il racontait souvent l’anecdote du vieil homme pas très beau, et il s’empressait de préciser que ce n’était pas son histoire à lui…
Ce vieil homme riche était aperçu en ville avec une très belle fille, beaucoup trop jeune pour lui. Ses amis lui reprochaient de se faire embarquer par cette fille car il semblait évident qu’elle n’en voulait qu’à son argent. Le vieil homme leur répondait :«Oui, vous avez raison. Elle est avec moi pour mon argent. Mais je l’accepte. Pourquoi pensez-vous que moi je suis avec elle? J’en profite pleinement!»
Pierre Péladeau racontait cette histoire pour illustrer que dans la vie tout est une question d’échanges et de besoins à combler. Rien n’est inacceptable en autant que cela se fait selon le respect des lois et des gens. Péladeau n’hésitait pas à reconnaître que plusieurs personnes profitaient de lui et de sa fortune mais il ne s’en offensait pas car il profitait d’eux, de leur beauté, de leur intelligence et de leur jeunesse. Vive Cendrillon!
-Bernard Bujold
(Voir texte Pierre Péladeau 10 ans après)
(Photo Maxime Bernier et Julie Couillard)


Conférence D6 All Things Digital 2008

4 juin, 2008

Le journal américain The Wall Street Journal a réussi un coup de maître en présentant la conférence D6 All Things Digital. Ce grand événement est l’oeuvre de Walt Mossberg et Kara Swisher et il a réuni sur une même scène tous les leaders de l’heure au niveau des médias et de la technologie. La conclusion: le monde des communication est devenu une grande tribune mondiale occupée par des éditeurs géants comme Google et les petits créateurs de contenu que sont tous les internautes de ce monde. On peut visionner les reportages de la conférence sur le site Internet de D6 . Nous accordons une mention d’excellence aux organisateurs de D6 dans la galerie Les Meilleurs LeStudio1.com.

Bernard Bujold - éditeur


Les aventures d’une photographe

4 juin, 2008

La photographe internationale d’origine montréalaise Heidi Hollinger vient de publier son autobiographie. Un livre captivant qui ressemble parfois à un thriller et parfois à un conte de fée. Les péripéties de Heidi en Russie sont cependant toujours dignes d’un film de James Bond… J’ai rencontré Heidi Hollinger pour la première fois en 1996 suite à la recommandation du pianiste Alain Lefèvre qu’elle avait photographié. Alain était un ami de Pierre Péladeau et, en tant que son adjoint, c’était moi qui accueillait les gens qui demandaient des dons ou des commandites. Heidi voulait publier un livre de photos sur la Russie. Pierre Péladeau n’avait pas supporté le projet car il préférait des sujets plus québécois…
Mais j’ai conservé le contact avec Heidi et au fil des ans nous sommes devenus des amis. Lorsqu’elle était de passage à Montréal, elle m’invitait régulièrement chez sa mère, Tuula, pour divers cocktails entre amis et encompagnie d’autres invités. Je lui rendais la pareille en l’invitant à quelques événements mondains dont un concert de Céline Dion pour la Fybrose Kystique.
Je l’avais aussi invité à m’accompagner sur le Mont Royal pour faire de l’équitationen compagnie du chef de police Jacques Duchesneau et de son adjoint Raynald Corbeil. Je me souviens de cette aventure car Heidi avait oublié ses gants et c’est le policier Corbeil qui lui avait aimablement prêté les siens… Je me souviens aussi que sa caméra s’était brisée, un modèle Canon bas de gamme.
Heidi ne ne restait jamais longtemps à Montréal et à plusieurs reprises j’ai encouragé sa mère en lui disant qu’un jour, Heidi reviendrait et qu’elle serait un grande vedette à Montréal. Tuula aimait m’entendre affirmer une telle prédiction.
En 1997, j’ai été invité à la réception de Noël de sa famille. Heidi avait un nouvel appareil photo, plus dispendieux, mais elle avait surtout un amoureux russe. Elle me précisa cependant que c’était plus un ami qu’un futur mari…
Je me souviens aussi de l’un des invités à ce rassemblement. C’était un riche homme d’affaire montréalais, qui commença par me dire que selon lui, Pierre Péladeau (qui était dans le coma et il allait mourir le 24 décembre) n’était pas un homme généreux… Pour ajouter du poids à son discours il me dit, très sérieusement, d’être prudent si je flirtais de trop près avec Heidi car selon lui, les Russes sont très jaloux mais surtout très violent! Venant d’un financier important qui avait visité la Russie à plusieurs reprises, j’avais frisonné pendant un instant…
Heidi Hollinger est une toute petite femme mais elle a une énergie débordante, accompagné de ce que l’on appelle communément du « guts »! Elle possède une forme de courage pur et surtout elle aime parler aux gens. Elle n’est pas introvertie ni gênée de faire la connaissance d’un étranger. C’est probablement ce qui lui a permis de réussir son séjour en Russie.
Heidi considère que la clé de son succès est le Rugby, sport qu’elle a pratiqué lorsqu’elle fréquentait l’Université McGill. Selon elle, « la vie est comme un match de football. Il faut foncer et se faire un chemin parmi les autres joueurs en poussant et en courant vers en avant. »
Finalement, j’aurai eu raison. Aujourd’hui en juin 2008, voilà que Heidi est une grande vedette montréalaise, elle a un magnifique studio photo sur les bords du Canal Lachine, elle vit avec un conjoint qu’elle aime et elle est mère de deux enfants. Pour ajouter au bonheur, sa mère Tuula habite à quelques rues de sa fille.
La vie de Heidi Hollinger est à la fois un conte de fée et un thriller…
Bonne lecture de son autobiographie!
http://www.heidihollinger.com/
Photo en haut - Heidi Hollinger
Photo en bas - Bernard Bujold, Jacques Duchesneau et Raynald Corbeil